Lorsqu’un locataire est placé en procédurecollective, le bailleur d’un local commercial se retrouve souvent dans unesituation délicate. Comment réagir en cas d’impayés ? À quel moment peut-ondemander la résiliation du bail ? La question est complexe car elle mêle droitdes baux commerciaux et droit des entreprises en difficulté.
Un arrêt récent de la Cour de cassation du 12juin 2025 (pourvoi n° 23-22.076) apporte des précisions essentielles. Revenons sur cette affaire pour comprendre ce qu’il change, et surtout, ce que les bailleurs doivent retenir.
Tout commence avec un bail commercial classique. Le locataire, exploitant d’un fonds de commerce, est placé en redressement judiciaire.
À partir de ce moment-là, les règles changent pour le bailleur.
L’article L. 622-14 du Code de commerce lui interdit de demander immédiatement la résiliation du bail pour des loyers impayés postérieurs au jugement d’ouverture.
Un délai de 3 mois doit obligatoirement être respecté avant toute action.
Dans notre affaire, le bailleur a scrupuleusement suivi la procédure. Constatant des impayés, il attend le délai légal, puis saisit le juge-commissaire pour constater la résiliation du bail.
Le juge accepte.
Lacontestation : appel et liquidation judiciaire
L’administrateur judiciaire, le mandatairejudiciaire et le locataire ne s’arrêtent pas là. Tous trois interjettent appelde cette décision.
Pendant l’instance, un nouveau rebondissement survient :
👉 le plan de redressement accordé au locataire est résolu, et celui-ci est placé en liquidation judiciaire.
La cour d’appel, malgré ce changement de situation, confirme la résiliation du bail.
Saisie du litige, la Cour de cassation ne suit pas ce raisonnement.
Elle rappelle un principe clair :
Lorsqu’un redressement judiciaire se transforme en liquidation judiciaire, cela ouvre une nouvelle procédure collective.
Conséquence directe : le bailleur ne peut pas se contenter de la demande de résiliation introduite pendant le redressement judiciaire.
Il doit recommencer le processus :
Autrement dit, la résiliation obtenue devant le juge-commissaire n’était pas valable, car elle ne tenait pas compte de la nouvelle procédure ouverte.
Pour les bailleurs, cette décision peut sembler frustrante : elle retarde encore la possibilité de récupérer le local.
Mais elle traduit la logique protectrice du droitdes entreprises en difficulté.
En effet, chaque procédure collective(redressement, liquidation) a ses propres effets.
Et la loi veut donner un délai de respirationau débiteur, même lorsque sa situation se dégrade.
En pratique, cela signifie que le bailleur doitêtre particulièrement vigilant :
Cet arrêt illustre la complexité des procédures collectives. Pour les bailleurs de locaux commerciaux, il comporte plusieurs enseignements :
Exemple concret : quand le bailleur doit attendre encore…
Imaginons un bailleur parisien dont le locataire, restaurateur, est placé en redressement judiciaire en janvier.
Dès février et mars, les loyers ne sont pluspayés. Le bailleur attend les trois mois, et en avril, il saisit le juge pourdemander la résiliation.
Mais en mai, le plan de redressement échoue et le restaurateur est placé en liquidation judiciaire.
Résultat ? Le bailleur doit repartir de zéro, attendre encore trois mois à compter du jugement de liquidation, puis seulement agir.
Le temps perdu est considérable, mais la procédure ne laisse pas d’autre choix.
La décision du 12 juin 2025 rappelle que, dans le droit des procédures collectives, chaque étape est une nouvelle page qui s'ouvre.
Pour le bailleur, cela signifie qu’il ne peut pas accélérer la résiliation du bail, même face à un locataire défaillant.
Le délai de trois mois s’impose à chaque procédure.
C’est une contrainte forte, mais elle fait partie de l’équilibre entre la protection du bailleur et celle du débiteur en difficulté.
Pour éviter les erreurs et les pertes de temps, il est essentiel pour les bailleurs de locaux commerciaux de se faire accompagner. Une mauvaise interprétation des délais peut retarder encore davantage la reprise du bien.
En résumé
Pour louer un bien, vous aurez généralement besoin de fournir des documents tels qu'une pièce d'identité, des preuves de revenus, des références et un dossier de crédit. Ces documents aident le propriétaire à évaluer votre solvabilité et votre capacité à respecter les termes du bail.
En cas de litige immobilier, il est conseillé de consulter un avocat spécialisé. Ils peuvent vous aider à comprendre vos droits et obligations, et à explorer les options de résolution, telles que la médiation ou le recours aux tribunaux. Il est important d'agir rapidement pour protéger vos intérêts.
Les locataires ont plusieurs droits, notamment le droit à un logement sûr et habitable, le droit à la vie privée et le droit de ne pas être discriminé. Les lois varient selon les régions, mais en général, les propriétaires doivent respecter les termes du contrat de location et effectuer les réparations nécessaires.
Pour acheter une propriété, il est essentiel de suivre plusieurs étapes. D'abord, il faut déterminer votre budget et obtenir un financement. Ensuite, recherchez des propriétés qui répondent à vos critères. Une fois que vous avez trouvé une propriété, vous devez faire une offre, négocier les termes et, enfin, finaliser la transaction avec l'aide d'un avocat spécialisé.
Le droit immobilier est une branche du droit qui régit les relations juridiques liées aux biens immobiliers. Cela inclut l'achat, la vente, la location et la gestion des propriétés. Les avocats spécialisés en droit immobilier aident les clients à naviguer dans les lois et règlements qui s'appliquent à ces transactions.